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«Mon gouvernement n'a aucun projet politique, nous conduisons une transition, nous faisons tout ce que nous pouvons pour que tous les partis participent aux prochaines élections» de 2005.
Gérard Latortue: Haïti peut être gouvernée autrement

24 novembre 2004 

Gérard Latortue, premier ministre du gouvernement intérimaire haïtien, a estimé lundi à Paris que son pays vivait actuellement «des moments de démocratie» et qu'il «pouvait être gouverné autrement».

«Nous vivons des moments de démocratie comme le pays en a rarement connu, sans terrorisme d'État», a affirmé le dirigeant haïtien lors d'une conférence de presse à l'occasion d'une visite à Paris.

«Mon gouvernement n'a aucun projet politique, nous conduisons une transition, nous faisons tout ce que nous pouvons pour que tous les partis participent aux prochaines élections» de 2005, a-t-il ajouté. «Nous remettrons le pouvoir au parti qui sortira vainqueur de ces élections.»

Il a déclaré que l'insécurité était «concentrée dans des zones précises de Port-au-Prince et non plus dans toute la ville comme avant le départ de (l'ancien président Jean Bertrand) Aristide». Selon lui, cette violence est due à «des gangs armés liés à Aristide» et au «banditisme».

Concernant les ex-militaires qui occupent plusieurs bâtiments publics transformés en casernes, il a indiqué que 500 à 700 emplois dans divers services comme les garde-champêtres, les douanes ou les services de protection rapprochés avaient été dégagés. Il a estimé entre 850 et 900 le nombre de militaires démobilisés.

Depuis la chute de M. Aristide le 29 février, les ex-militaires qui avaient pris une part active à son renversement réclament la réhabilitation de l'armée. M. Latortue a indiqué que la question d'un rétablissement d'une armée à Haïti relèverait du prochain gouvernement et du prochain parlement.

Il a souligné qu'il n'avait pas procédé à «une chasse aux sorcières» contre les membres du parti d'Aristide, pariant sur la nécessité «de la continuité de l'État». Il a cependant annoncé des sanctions contre «ceux qui profitent de leur poste pour faire passer leurs intérêts particuliers ou de parti».

Interrogé sur le mandat d'arrêt international contre Aristide, qu'il a annoncé récemment, il a indiqué que «la justice haïtienne travaillait sur la procédure à suivre». Jean Bertrand Aristide, réfugié en Afrique du sud, est soupçonné de détournements de fonds et d'être impliqué dans des crimes politiques.

M. Latortue doit rencontrer mardi le secrétaire d'État français aux Affaires étrangères, Renaud Muselier, avant de se rendre à Ouagadougou pour participer au sommet de la Francophonie.