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GENÈVE, 22 août 2007 (AFP) - Le gouvernement suisse a décidé mercredi de prolonger pour une année supplémentaire le blocage de l'ensemble des comptes détenus en Suisse par l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, a-t-on appris de source officielle.
Les fonds, estimés à 7,6 millions de francs suisses (4,6 millions d'euros) devaient être débloqués au 1er septembre, une première prolongation de trois mois venant alors à échéance.
Suite à une demande du président haïtien René Préval, le Conseil fédéral (gouvernement) a décidé de maintenir pour douze mois supplémentaires le gel des fonds qui auraient pu sinon être restitués à l'ancien dictateur, a indiqué le porte-parole du gouvernement Oswald Sigg.
Jean-Claude Duvalier, qui vit en France, et son entourage sont accusés par Port-au-Prince d'avoir détourné plus de 100 millions de dollars sous le couvert d'oeuvres sociales avant la chute du dictateur en 1986. Ces prélèvements systématiques sur des entreprises d'Etat auraient été transférés en partie dans des banques suisses.
La demande d'entraide judiciaire de Haïti pour récupérer ces fonds n'a jamais abouti, mais, dans un courrier daté du 13 août adressé à Mme Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération helvétique et ministre des Affaires étrangères, M. Préval a exprimé "la ferme volonté du gouvernement haïtien de rechercher des voies et moyens permettant le rapatriement des fonds en Haïti", selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Philippe Jeannerat.
M. Préval a également annoncé dans sa lettre "le lancement prochain par les autorités judiciaires haïtiennes de procédures adéquates contre Jean-Claude Duvalier", a-t-il ajouté.
Les autorités suisses avaient décrété en juin 2002, puis en 2005, un gel unilatéral des fonds Duvalier, mais cette mesure expirait le 2 juin dernier, lorsque la décision d'une nouvelle prolongation a été prise in-extremis.
Depuis, la Suisse réfléchit même au moyen de confisquer les fonds acquis illégalement par des dirigeants corrompus.
Il n'est "pas satisfaisant" de voir que le gouvernement pourrait bientôt être contraint de restituer des avoirs à la famille de Jean-Claude Duvalier, avait reconnu en juin dernier le ministère des Affaires étrangères en réponse à la question d'un député.
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