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Sur les 200.000 sinistrés, soit les deux-tiers de la population de la ville, 140.000 personnes sont dans la rue et 60.000 sont recueillies dans des abris provisoires, selon M. Latortue, qui a effectué une visite sur place.
Les abris sont débordés aux Gonaïves, avec 200.000 Haïtiens sinistrés

5 septembre 2008           
                                 

PORT-AU-PRINCE, 5 sept 2008 (AFP) - Les abris provisoires étaient débordés vendredi par l'afflux des sans-abri aux Gonaïves, ville du nord d'Haïti qui compte 200.000 sinistrés après le passage de l'ouragan Hanna en début de semaine.

La ville, située à 150 km au nord de la capitale Port-au-Prince, a été totalement inondée par Hanna, qui a fait au total 136 morts dans le pays, selon un dernier bilan présenté par les autorités.

"Nous avons tout perdu. Ma maison s'est effondrée sous la pression des eaux et puis me voilà aujourd'hui sans abri avec huit enfants", témoigne Marie-Yolaine, une femme de 50 ans jointe par téléphone depuis Port-au-Prince dans un hangar qui accueille des milliers de rescapés.

Dans ce dépôt de marchandises situé à la sortie de la ville, hommes, femmes et enfants s'entassent côte-à-côte dans une chaleur étouffante à même le sol, rapporte un jeune homme d'une vingtaine d'années, prénommé Lorgeat, qui recherche depuis cinq jours un membre de sa famille.

"On ne peut pas offrir mieux. Personne n'était préparé pour cette catastrophe", observe Thomas, le gardien des lieux, joint aussi par téléphone. "Personne ne sait quand les gens vont pouvoir partir", lâche-t-il.

Yolette Tournant, 30 ans, reste traumatisée par le passage de l'ouragan. "Quand l'eau a commencé à envahir ma maison, je suis partie sans destination, sans rien, avec mon enfant", raconte-t-elle avant de fondre en larmes et de raccrocher.

La plupart des victimes sont dans la même situation "catastrophique", rapporte le sénateur Yuri Latortue. "Il y a des gens qui pendant trois jours n'ont rien mangé et n'ont pas d'eau potable", témoigne le parlementaire, qui dit avoir constaté de nombreux blessés laissés sans soins.

Il n'y pas d'hopitaux dans la ville et les deux principaux centres médicaux des Gonaïves sont inondés et hors d'usage.

Sur les 200.000 sinistrés, soit les deux-tiers de la population de la ville, 140.000 personnes sont dans la rue et 60.000 sont recueillies dans des abris provisoires, selon M. Latortue, qui a effectué une visite sur place.

Les voies d'accès à la ville sont encore bloquées en raison du niveau de l'eau, empêchant l'arrivée des vivres envoyés par camion depuis la capitale.

Les Nations unies tentent d'organiser les secours en l'absence des autorités, visiblement dépassées. L'ONU a affrété un bateau pour transporter plus de 50 tonnes de nourriture et une dizaine de blessés graves ont été évacués vers Port-au-Prince par la mission des Nations-Unies en Haïti (Minustah).

Le Sénat haïtien a demandé au gouvernement de décréter les Gonaïves en "état d'urgence humanitaire" et de distribuer rapidement des produits de première nécessité.