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Le gouvernement haïtien a commémoré jeudi aux Gonaïves, 153 Km au nord du pays, le 205e anniversaire de l'indépendance d'Haïti dans l'indifférence quasi générale de la population en proie à une grave crise économique.
"Qu'avons-nous fait de l'indépendance", s'interrogent des jeunes

2 janvier 2009           
                                 

GONAIVES (Haïti), 2 jan 2009 (AFP) - Le gouvernement haïtien a commémoré jeudi aux Gonaïves, 153 Km au nord du pays, le 205e anniversaire de l'indépendance d'Haïti dans l'indifférence quasi générale de la population en proie à une grave crise économique.

Célébrée comme chaque année sur la Place des héros aux Gonaïves, là où le 1er janvier 1804 le général Jean-Jacques Dessalines, un esclave révolté, avait proclamé l'indépendance de la colonie française de Saint-Domingue (Haïti), la fête n'a pas attiré la grande foule.

"Nous n'avons pas le coeur à la fête. Comment fêter quand nous vivons dans la misère", dit un jeune, Alexis, debout sur la place baignée par un chaud soleil où quelques centaines d'Haïtiens attendaient le discours présidentiel.

"Nous commémorons l'indépendance avec de fraiches cicatrices laissées par des inondations meurtrières", a souligné le maire Stephen Moïse. Il s'est cependant réjoui de l'assistance fournie par des pays étrangers dont Cuba et le Venezuela qui ont permis de rétablir l'électricité dans la ville.

"Quelle fierté aujourd'hui de dire que nous sommes la première république noire du monde alors que nous dépendons totalement de l'étranger", rétorque Arnold Azar 73 ans exprimant sa déception de voir son pays englué dans la misère et le sous-développement.

"Regardez, la Martinique, la Guadeloupe, des territoires français, ils sont mieux que nous. Qu'avons-nous fait de cette indépendance" s'interroge le septuagénaire un ancien proche du président Préval.

Un grand sentiment de frustration est perceptiblee aux Gonaïves frappée il y a quatre mois par de violents ouragans ayant fait de nombreuses victimes, des centaines de milliers de sinistrés et de sans abris alors que la ville est encore recouverte de boue et d'une énorme couche de poussière grisate en dépit des efforts déployés par le gouvernement et des ONG sur place.

"Le gouvernement n'est pas efficace, l'aide manque, de nombreuses personnes vivent encore sous des tentes", constate un autre jeune qui se plaint de la mauvaise distribution de l'aide alimentaire aux sinistrés.

"Il faut parfois se battre pour trouver une ration alimentaire" dénonce Daphné, une jeune écolière de 22 ans très critique à l'endroit des autorités. "Les jeunes ne sont pas encadrés, il n'y a pas d'espoir pour nous", se lamente-t-elle.

"Une autre Gonaïves est possible", a scandé le maire de la ville depuis la tribune officielle des cérémonies. "Oui nous le pouvons. Oui nous le pouvons", a-t-il répété en anglais parodiant le président élu américain Barack Obama.

De son côté, en présentant ses voeux aux Haïtiens pour la nouvelle année, le président haïtien René Préval a averti que 2009 serait difficile pour le pays, le plus pauvre de la région avec une population de 9 millions d'habitants dont plus de 60% vit en-dessous du seuil de la pauvreté avec moins de 2 euros par jour.

"En raison de la crise économique mondiale, Haïti va souffrir en 2009", a ajouté M. Préval qui s'exprimait à l'issue d'une cérémonie religieuse dans la cathédrale des Gonaïves sur la place des héros de l'indépendance haïtienne.

"Mais je propose deux choses pour faire changer la situation", a ajouté le président haïtien. "Premièrement, 2009 sera l'année des grands chantiers routiers en Haïti, et deuxièmement, il faut continuer à construire la paix, car la paix est le chemin pour mettre fin à la présence des troupes étrangères en Haïti. C'est aussi le chemin de l'investissement".

Dans la foule massée sur la grande place, des voix s'élèvent pour réclamer l'aide de l'Etat. Des jeunes et des enseignants brandissent des pancartes exigeant des salaires non-payés et de meilleures conditions de vie aux Gonaïves.